Je pense que ce n’est plus un secret pour personne; j’ai consulté des psychologues à plusieurs reprises dans ma vie.

Depuis six ans, je travaille à l’hôpital BEEP et ils offrent un service d’aide aux employés. C’est de l’aide à court terme (maximum 8-9 scéances), mais nous pouvons y aller plusieurs fois. Personnellement, depuis 6 ans, ça fait 5 fois que j’y vais. Pour différents problèmes; dont la fois où je me suis fait attaquer à la sortie d’un bar, ou encore seulement pour consulter pour parler de mon enfance ou pour, tout simplement laisser sortir un trop pleins d’émotions.

Il y a deux mois, je suis allé les voir parce que j’appréhendais beaucoup ce qui s’en venait (futur déménagement, genre de burnout de mon ptit homme, futur retour à l’école…)

Ma psy du moment, qui n’est pas la même que j’ai eu dans le passé, m’a fait comprendre que je souffrais d’anxiété général. Quand elle m’a dit ça, à ma première séance, je lui ai répondu « Non, mais je fais beaucoup moins de crises d’angoisse qu’avant. Avec mon autre psy, j’ai beaucoup travaillé pour mieux gérer mes crises d’angoisse. »

Sans aucune hésitation, elle me répond : « Je ne vous parle pas de crises d’angoisse, je vous parle d’anxiété. »

Sur le coup, je n’étais pas sûr de ce qu’elle avançait, mais elle m’a fait comprendre que le fait que j’appréhendais le futur comme ça, que je consultais en prévention à ce qui allait se produire; c’était ça de l’anxiété. Quant aux crises d’angoisse, elles sont souvent générées par l’anxiété. Elles surviennent quand l’anxiété devient trop forte.

Bref, tout ça pour dire que je fais de l’anxiété généralisé. Je m’inquiète pour un rien, j’ai des pensées qui reviennent sans cesse, malgré le fait qu’elles me ruinent la vie… Je me remets beaucoup trop souvent en question par rapport à mes paroles, mes gestes, mon apparence… Je m’inquiète à propos de mon cas, mais je me fait du mauvais sang aussi à propos de la vie de mes amis, de ma famille… Je fais le l’insomnie, je suis tendu, je suis fatigué…

Hier, j’avais ma troisième rencontre avec elle et j’ai parlé beaucoup de mon inquiétude par rapport aux événements météorologiques mondials. Vous allez peut-être me trouver ridicule, mais je suis beaucoup affecté par ce qui se passe dans le monde (changements climatiques, catastrophes naturelles, guerres, les chemtrails, pauvreté, le contrôle que les gouvernements font sur nous…)

Je m’informe et je trouve ça important de m’informer sur ces évènements. Ça m’effraie, mais en même temps ça m’intéresse. Étrangement, je suis attiré par ce genre d’évènements. J’aime ça regarder des vidéos ou des photos sur internet de ce qui s’est passé au Japon, au Sri Lanka en 2006, le tremblement de terre à Haïti, le réveil des volcans dans le pacifique, les hécatombes de poissons et d’oiseaux un peu partout dans le monde depuis quelques mois… Je sais par contre qu’il faut en prendre et en laisser, comme ce qu’on nous dit dans les bulletins de nouvelles télévisés en fait.

Ma psychologue m’a alors donné un conseil qui m’a laissé un peu perplexe… Elle m’a dit d’arrêter de m’informer parce que de toute façon, je ne pouvais rien faire pour ça. Que nous étions beaucoup trop informés pour ce que notre cerveau était capable de prendre. Elle est ensuite tombée sur le cas « facebook » en me disant que facebook ruinait nos vies et causait un grand stress à la population. Elle me demande si je suis sur facebook et me dit que je devrais lâcher ça, que ça m’aiderait à ne pas savoir ce qui se passe sur la planète.

Je suis un peu d’accord avec elle, mais je lui explique que j’ai géré « du mieux que facebook me le permettait » les informations qui sont publics sur mon compte. Je lui annonce alors que j’ai aussi un blogue depuis 1 an et ½ que je mets à jour environ aux 2 jours.

Elle me dit que malgré le fait que je sois incognito sur mon blogue, que je devrais tout lâcher ça et que ça me cause du stress pour rien.

Je lui explique que mon blogue me permet, en quelques sortes, de sortir un trop plein de mot, un trop plein d’idée, un trop plein d’émotion… Que ce n’est pas à cause de mon blogue ou de facebook si je suis informé (et inquiet) de ce qui se passe sur notre (de moins en moins) belle planète. On en entends parlé partout; sur internet, mais aussi dans les journaux, à la télé, dans les discussions entre collègues de travail, entre amis et aussi dans la vie de tous les jours parce que la température change et est de plus en plus instable… Je ne peux pas m’empêcher de « savoir ».

Elle m’a laissé en me disant : « Vous pensez trop aux autres et pas assez à vous. Lâchez prise! Ce qui arrive au Japon présentement n’arrivera jamais à Montréal, ni même au Québec… On ne peut rien faire. Lâchez prise! »

Je suis resté sans mot, abasourdi… Je devais avoir l’air de ce singe (scusez-la mais j’ai cherché sur internet « abasourdi » et j’ai vu cette beaucoup-trop-hot photo) parce qu’elle a aussitôt enchaîné en disant : « Vous ne pouvez rien faire, dans le fond vous êtes anxieux à cause de votre impuissance. Normalement, vous faites tout ce qui est en votre pouvoir pour aider les autres, mais là, vous ne pouvez rien faire. »

Je suis sortis de là un peu frustré. Je comprends qu’elle a voulu me faire comprendre que je m’en demande trop… C’est vrai dans un certain sens que je ne peux pas faire grand chose pour les japonnais, mais est-ce que je devrais me boucher les oreilles et les yeux aussitôt que j’entends parler de leurs problèmes?? Est-ce que je devrais ne plus m’informer et ne plus parler de ces évènements parce qu’ici au Québec, on ne vit pas ce genre de choc?