Paraitrait-il qu’aussitôt que je parle de quoi que ce soit par rapport à ma vie, je parle de mon homosexualité!!!!!

C’est ce que je me suis fait dire la semaine passée, par quelqu’un de la job, appelons-la madame H, qui est relativement proche de moi… du moins à mon travail.

Selon elle, lorsque je parle de mon ptit homme, peu importe le sujet, je parle de mon homosexualité. Il y aurait, encore selon elle,  une différence entre elle qui parle du souper qu’elle a fait avec son conjoint, son fils et sa fille et moi qui parle de mon souper d’hier avec mon amoureux. 

Bref, je me suis fait dire que je parlais d’homosexualité parce que je parle facilement de ma vie, de mon chum, de mes amis gais, du bar gai que j’ai visité… Pourtant, je parle autant de mes amis hétérosexuels, de mes projets d’école, de ma famille, du gym où je me suis inscrit, de la cours que j’ai pelletée, de ma plante en train de mourir et que je ne suis pas capable de récupérer…

Je parle de ma vie, POINT.

D’après moi, lorsque je parle de mon amoureux qui va à la piscine depuis sept mois, c’est équivalent à mon amie, maman marmotte, qui me parle de son mari qui va au gym cinq fois par semaine… Si je parle du jeu d’XBOX que mon ptit homme s’est acheté hier soir, c’est pas pire que l’avocate qui me parle de son chum qui vient de s’acheter une nouvelle voiture… Si je parle de mon ami Le Lemming et son chum, c’est comme quand je parle de ma mini-soeur et mon beau-frÉre

Cette conversation a commencé en parlant d’une collègue de travail lesbienne (sans la nommer parce que ce n’est pas tout le monde qui le savait), appelons celle-ci madame L, qui commence à peine à en parler, malgré le fait qu’elle travaille à l’hôpital depuis plusieurs années. J’ai été un des premiers à qui elle en a parlé et elle m’a avoué l’année passée que j’avais été un modèle pour elle de ce côté, qu’elle me trouvait bon d’en parler aussi facilement, qu’en me voyant agir de la sorte, elle avait eu le goût d’arrêter de se cacher, d’arrêter de mentir, de se mentir… Elle a commencé tranquillement à en parler, en se libérant avec les gens en qui elle a le plus confiance.

À la base, mme L est assez discrète et timide… Elle ne parle pas facilement de sa vie en générale… de la pièce de théâtre qu’elle a vu hier soir, de ce qu’elle a cuisiné à la maison en fin de semaine passée, de sa mère, de son frère, de ses chiens… Donc, c’est normal de ne pas entendre parler de sa blonde.

Mais étrangement, depuis qu’elle a avoué son homosexualité à quelques personnes, elle parle plus de sa vie en générale…

J’essayais d’expliquer à madame H, que si une personne est timide normalement, qu’elle ne parle pas vraiment de sa vie en générale, il est normal de ne pas entendre parler de sa vie amoureuse… Par contre, si la dite personne (homosexuelle ou hétérosexuelle) est comme moi, une pie qui parle de n’importe quoi sans trop de censure, mais qu’elle ne parle jamais de son/sa conjoint/e, qu’elle évite le sujet ou pire encore, qu’elle ment en disant « mon chum » (quand en fait c’est une blonde) ou l’inverse… Je n’approuve pas du tout! En fait, je n’encourage pas ça.

En fait, mon point était que je comprenais que ce n’était pas toujours facile d’être ouvertement gai, mais que je n’encourageais pas les gens qui décidaient de cacher leurs orientations sexuelles ou pire encore, de mentir pour cacher leur vrai « eux ». Je ne dis pas que les homosexuels sont obligés d’en parler et de le crier sur tous les toits… Au contraire!!!

D’après ce que j’ai ressenti lors de cette discussion avec Mme H, ma vie intime serait moins parlable que la vie intime de mes compatriotes hétérosexuels.  Comme si, parce que je parle de mon chum, mes discussions seraient axées sur ma vie sexuelle. Ça m’arrive quelques fois de parler de sexe, un peu comme tout le monde, mais je ne suis vraiment pas le genre de gars à n’avoir que ça en bouche.

Plusieurs questions me sont restées en tête après cette discussion… Pourquoi appelle-t-on ça « homosexualité, hétérosexualité, bisexualité »?? Suis-je gai seulement dans mon lit? Devrais-je attendre que les gens me posent « LA » question avant de parler de ma vie amoureuse? Devrais-je parler de mon ptit homme en disant « ma blonde »?

 Qu’en pensez-vous?