J’avais été très touché par la disparition de David Fortin en février 2009. Ce jeune homme de 14 ans, du Lac St-Jean, était victime de taxage et d’intimidation homophobe à son école. Au fil des années, David aurait demandé de l’aide à plusieurs reprises et ses parents ont plusieurs fois fait appel aux autorités scolaires, sans toutefois voir de changements.

Il se faisait traiter de fif, de tapette et sa mère a même déjà vu un autre jeune « zigner » sur son fils pour l’écoeurer!

Malheureusement, trop souvent on peut voir ce genre de comportements dans les écoles secondaire du québec, sans que la direction fasse quoi que ce soit. Vous allez me demander qu’est ce que les directions scolaires peuvent faire dans pareil cas?!!?

Plein de chose… De la sensibilisation auprès des jeunes, des professeurs et des parents (parce que si un jeune a de la haine envers les gais, ca part souvent des parents), de la surveillance accrue, des sanctions aux petits cons « comiques »…

J’ai moi même vécu ce genre de situation à mon arrivé au secondaire. Au primaire j’étais entouré d’ami(e)s… Je préférais jouer à la marelle et à la corde à danser que de jouer au ballon chasseur, mais je ne me souviens pas avoir été harcelé. Peut-être 2-3 petits commentaires ici et là, mais sans plus. Dès mon premier jour d’école n secondaire, les jeunes se sont mis à m’écoeurer ou a m’ignorer… Pourquoi? Je ne sais pas!

J’avais changé?? J’étais plus féminin que la majorité?? Aucune idée!!!! Peut-être que les jeunes avaient simplement détecté les différences que j’avais par rapport à eux. Parce que oui, j’étais différent. Plus tranquille, plus docile, plus doux, je préférais la présence des filles, j’avais sans doute des « manières »….

Je me suis fait cracher dessus, je me suis fait lancer de la gomme, des crayons, des effaces…. Je me suis fait traiter de tous les noms inimaginables. Je n’ai jamais répliqué. Pourquoi?? Bonne question! Je n’étais pas comme ça. J’étais doux, calme. Je ne voulais pas de chicane. J’avais mes soucis personnels aussi. Je me sentais aussi différent. Ça se sent ces choses là, même si tu ne les comprends pas.

J’ai déjà essayer d’en parler à ma mère. On a même déjà rencontré le directeur pour lui parler de mes difficultés, surtout en éducation physique (où j’ai même subit des insultes homophobes d’un professeur). Le directeur a dit à ma mère que je devais continuer à aller à mes cours, que c’est en continuant que ça changerait (BLA BLA BLA!!), sans toutefois en parler avec le professeur en question.

J’ai déjà voulu fuguer. J’ai déjà voulu mourir. Aujourd’hui, je suis content d’avoir passé au travers (même si, certaines blessures restent encore gravées en moi). Je suis content de pouvoir en parler et parfois même en rire! Tout ça fait que je suis plus fort dans certaines situations aujourd’hui.

Alors, quand la disparition de David Fortin est arrivé, ça m’a beaucoup touché. J’en ai braillé même quand ses parents sont allé à « Tout le monde en parle« !! La semaine d’après, la très sexy et sympathique ministre de l’éducation, madame Michelle Courchesne est allé à « Tout le monde en parle« . La ministre, qui se disait bouleversée par le drame entourant cette affaire, a notamment indiqué que le cas de David Fortin, qui a été harcelé sur une période aussi longue, est une exception au Québec. BULLSHIT! Elle a aussi invité les parents de victimes à communiquer avec les directions d’établissement, à ne pas rester en retrait et à oser dénoncer la situation. Michelle Courchesne a enfin déclaré que le climat est généralement bon à l’école secondaire Camille-Lavoie, celle que fréquentait David Fortin. BULLSHIT!

Cette semaine, une entrevue avec Guy Lafleur au Centre Bell a été diffusé sur RDS. En arrière plan on a cru voir le jeune David Fortin.

Un brin d’espoir aux parents, qui a été brisé par une dame qui confirme au réseau TVAAAA qu’il s’agit de son fils et non, du jeune David.

Je souhaite à la famille Fortin un très joyeux noël malgré tout. Gardez espoir! Le Québec est avec vous.

Message à David : Je te souhaite de vivre en paix (que tu sois gai ou non), de retourner voir ta famille ou du moins, de donner des nouvelles. La vie n’est pas toujours facile à vivre, mais je suis sûr que tu trouveras ta voie.